« Tout est à vous, mais vous appartenez au Christ, et le Christ appartient à Dieu » (1 Co 3, 21-23).


Les membres de l’ISMCJ Vietnam ont partagé des journées d’été mémorables dans une ambiance de pèlerinage et de découverte au sein du diocèse de Hà Tĩnh dans la province de Hà Tĩnh,Vietnam. Nous avons non seulement pu admirer la beauté époustouflante de la nature des lieux visités, tels que la grotte de Thiên Đường et Phong Nha, mais aussi savourer la tranquillité, en nous plongeant dans les eaux rafraîchissantes de la plage de Hoành Sơn, nichée au pied de la majestueuse chaîne de montagnes Hoành Sơn. historiques de Hoành Sơn Quan et Lam Kinh, intimement liés au héros populaire Lê Lợi d’autrefois.
Nous avons eu la joie de visiter et de prier dans l’église de Cửa Sót et à Gia Hòa, des lieux emblématiques qui ont été témoins du passage des premiers missionnaires en terre vietnamienne, à savoir le père Alexandre de Rhodes et le père Pedro Marquez, au début du XVIIe siècle. Nous avons également ressenti une profonde sérénité lors de notre visite du mémorial du grand poète Nguyễn Du, une figure éminente de la culture nationale. Toutes nos émotions s’entremêlent, et nous prenons conscience de l’amour qui nous entoure. Cet amour se manifeste non seulement à travers la beauté de notre patrie et les traditions de notre peuple, mais aussi par le sang des martyrs qui irrigue la vie de foi de chacun d’entre nous.
L’impression la plus marquante de ce voyage, que nul parmi nous n’oubliera, est l’amour sincère des pasteurs que nous avons rencontrés. Bien que ce soit notre première rencontre avec le père Pierre Nguyễn Đại, curé de la paroisse Thiên Lý, et que nous n’ayons passé qu’une nuit là-bas, nous nous sommes sentis proches de lui. Au-delà de l’accueil attentionné et des repas conviviaux, il y avait une réelle empathie et un partage des difficultés rencontrées par nos frères dans leur vocation religieuse au cœur du monde.
La rencontre avec Mgr Alphonse Nguyễn Hữu Long , l’évêque du diocèse de Vinh, étant limiltée à peine plus d’une heure, nous avons seulement espéré pouvoir discuter de ses préoccupations concernant le fardeau pastoral d’un des diocèses les plus difficiles du Vietnam actuel. A notre grande surprise, nous avons été accueillis par une profonde empathie de sa part, accompagnée d’une réelle admiration pour la vocation de chacun et des paroles d’encouragement sincères.
Ce qui rend cette expérience encore plus spéciale, c’est la prévenance chaleureuse de Monseigneur Louis à notre égard. Il a non seulement payé les frais de notre voyage, mais a également organisé soigneusement chaque repas, notre hébergement, les moyens de transport et les lieux à visiter, sans oublier les cadeaux pour chacun d’entre nous à ramener. Tout cela, au milieu de ses nombreuses responsabilités pastorales dans le diocèse. Tel un frère de la famille retrouvant ses proches après une longue absence, Monseigneur s’est enquis de chacun d’entre nous et de nos familles, s’est soucié de ceux qui étaient absents, et a partagé nos préoccupations et inquiétudes concernant nos activités mensuelles. Il a également consacré deux soirées à partager avec nous de nombreux sujets : ses préoccupations concernant la vie de l’Église, soulignant l’importance de la fraternité et de la vie communautaire. Il a évoqué l’attitude « synodale » dans notre vocation, l’importance d’écouter et de partager, de rester humble en prêtant attention à la voix de l’Esprit- Saint dans le monde. Il a également insisté sur la nécessité de se convertir pour évoluer, de compatir aux interrogations de l’Église, de prier pour elle, et de chérir notre propre vocation.
Ces partages étaient de véritables mots d’encouragement, des enseignements de Monseigneur pour chacun d’entre nous sur le chemin de notre vocation à venir.
La particularité de la vie de notre Institut séculier, où chacun est absorbé par son travail, rend souvent difficile la possibilité de se libérer de ses propres préoccupations et de son temps. Cela peut facilement entraîner une certaine complaisance ou apathie, nous faisant perdre notre sensibilité à reconnaître les besoins des autres, ainsi qu’à la fraternité et aux exigences de notre vocation.
Ce voyage nous a offert l’opportunité de vivre des moments ensemble dans un esprit de fraternité. Nous avons chanté et plaisanté dans les bus, veillé les uns sur les autres, partagé nos émotions et accueilli nos différences. Nous avons besoin les uns des autres, nous nous appartenons mutuellement, et nous faisons partie à la fois de notre Congrégation et de l’Église.
Dans l’esprit des pèlerins durant l’année Sainte, nous relisons les paroles suivantes du Pape François dans la lettre apostolique Spes non confundit : « En voyageant d’un pays à l’autre comme si les frontières ne comptaient plus, en passant d’une ville à l’autre pour contempler la beauté de la création et les chefs-d’œuvre de l’art, nous apprenons à apprécier la richesse des différentes expériences et cultures, et nous sommes inspirés pour élever cette beauté, dans la prière, vers Dieu, en action de grâce pour ses œuvres merveilleuses » (n°5).
Ce voyage a été une occasion précieuse d’apprendre l’humilité et d’ouvrir nos cœurs pour accueillir l’Amour de Dieu, présent dans tout ce qui nous entoure : la beauté majestueuse de la nature, l’histoire glorieuse de nos ancêtres qui ont bâti notre patrie et préservé notre vie de foi ainsi que l’affection des frères et des pasteurs de l’Église. Nous réalisons que tout cela nous est offert pour nous permettre de faire partie intégrante de cette patrie, de cette terre et de l’Église. Plus que tout, Dieu désire que nous appartenions au Christ, dans la mission de notre propre vocation.
29/7/2025
Antoine Võ Thế Duy




